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Loi immigration : Anne Hidalgo refuse de "faire le tri" entre les familles dans les centres d'hébergement
information fournie par Boursorama avec Media Services 22/12/2023 à 14:39

"Nous allons continuer à accueillir de manière inconditionnelle", a prévenu la maire de Paris, alors que 32 départements dirigés par la gauche montent au créneau contre la loi immigration.

Anne Hidalgo à Paris, le 6 octobre 2023. ( AFP / MIGUEL MEDINA )

Anne Hidalgo à Paris, le 6 octobre 2023. ( AFP / MIGUEL MEDINA )

Elle ne fera pas "le tri entre les enfants" qui seront accueillis et ceux qui "dormiront dehors". La maire de Paris, Anne Hidalgo, s'est dite vendredi 22 décembre "heurtée" par la nouvelle loi sur l'immigration et a annoncé saisir le Conseil constitutionnel avec d'autres collectivités.

"Nous sommes heurtés que l'on vienne, par la loi, nous demander de faire le tri. Faire le tri entre les enfants qui pourront dormir ici et ceux qui dormiront dehors" , a déclaré Anne Hidalgo lors d'une visite des locaux du lycée professionnel Suzanne-Valadon (XVIIIe). La loi sur l'immigration prévoit que toute personne sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) ne peut être hébergée dans un dispositif d'hébergement d'urgence que dans l'attente de son éloignement.

Laissé vacant par la Région, le lycée, dont les murs appartiennent à la Ville, a été transformé en lieu d'hébergement d'urgence sous l'impulsion du collectif de parents d'élèves "Une école, un toit" et d'Emmaüs Solidarité. Il doit accueillir 120 personnes.

"Nous allons faire une contribution ouverte au Conseil constitutionnel (...) avec d'autres collectivités pour faire invalider les dispositions (de la loi votée) contraires à la Constitution", a indiqué la maire. La Ville de Paris, qui est également un département, s'est associée mercredi à la fronde de 32 départements dirigés par la gauche qui refusent d'appliquer une disposition du texte , relevant, selon eux, de la "préférence nationale" pour verser l'allocation personnalisée d'autonomie (APA).

"Préférence nationale"

La loi conditionne le versement aux étrangers hors Union européenne de cette aide, destinée aux personnes âgées de 60 ans ou plus en perte d'autonomie, à cinq ans de résidence en France ou deux ans et demi d'activité professionnelle. "Ça veut dire quoi ? Que 2.000 personnes à Paris, du fait du choix de la préférence nationale, n'auraient plus le droit aux toilettes, aux douches ?", a interrogé Anne Hidalgo.

"On va voir ce que dit le Conseil constitutionnel (...) Nous ne sommes pas dans l'illégalité (...) Nous allons combattre sur le terrain du droit mais aussi imaginer des dispositifs ", a-t-elle ajouté, sans autre précision.

La Ville de Paris ne rehaussera pas non plus ses tarifs de cantine ou de transports pour les étrangers non-européens du fait de la loi, a-t-elle poursuivi. "Nous allons continuer à accueillir de manière inconditionnelle", a précisé pour sa part le directeur général d'Emmaüs Solidarité Lotfi Ouanezar, "très inquiet" du nombre d'enfants à la rue, "2.800 en France, un record".

La droite parisienne n'a pas tardé à réagir aux propos de la maire. "Qui peut, avant même la lecture et l'examen de cette loi par le Conseil constitutionnel, la juger anticonstitutionnelle et refuser de l'appliquer ? ", s'est étonnée Agnès Evren, la présidente de la Fédération LR de la capitale. Dans un communiqué, elle a jugé "irresponsable" le principe d'"accueil inconditionnel" défendu par Anne Hidalgo , "alors que nos capacités d'accueil sont saturées et nos marges de manœuvres inexistantes du fait de la dette abyssale de la Ville".

15 commentaires

  • 23 décembre 02:57

    Déjà qu'elle rembourse le voyage à tahiti


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